Matthieu Chedid, le Mister Mystère.

Fraichement rentré de vacances, je fais ma rentrée musicale avec le 4ème opus de -M-, Mister Mystère. Voici la découverte d’un album épuré où Matthieu Chedid tombe la cape du super héros et se met à nu.



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Tel un Péruvien sans poncho, Matthieu Chedid met de coté sa panoplie de super héros pour nous dévoiler sobrement l’intimité d’un monsieur mystérieux.

Sur ce 4ème et nouvel album, exit les extravagances vocales et les effets sonores de clown. Si le Machistador des débuts est bien loin, l’artiste nous accueille tout de même avec une présentation électrique de son Mister Mystère. Le ton est donné dès le premier morceau, si l’artiste nous épargne les excentricités de son personnage fantasque il affirme son coté rock avec une guitare omniprésente. Pour le reste, c’est bien le poète Matthieu Chedid qui prend le dessus sur -M-. Semaine, Le Roi des Ombres et Est-Ce Que C’est Ça confirment un narrateur exceptionnel et en dévoilent un peu plus sur les sentiments et les aspirations de cet artiste complexe.

Comme à l’accoutumée, sa voix ne s’envole plus aussi souvent dans les aigües, à l’opposé le chant cède parfois la place au parlé (Est-Ce Que C’est Ça / Hold Up) et c’est un véritable délice. Pourtant le diable à la guitare rose qui sommeil en Matthieu n’est jamais bien loin, le funk coule dans ses veines, les riffs de guitares démangent et surgissent avec subtilité. Je pense en particulier à Tanagra qui commence tout en saturation et bascule dans un magnifique blues au piano pour laisser échapper un bref solo électrique bien senti. Il y a aussi Tout sauf toi, partant d’un simple acoustique et d’une mélodie assez tristounette, aborde soudain un virage funky pour terminer sur un solo de guitare le plus agréable de l’album.

Sur le reste de l’album je perds un peu le fil, Ca Sonne Faux avec ses roulements de batterie trop présents me dérange,  Destroy et ses sonorités indiènnes me font peu vibrer, entre Mama Sam et Amadou et Mariam le morceau Amssétou ne me convainc pas non plus. Enfin, les accords tellement umprunt de spleen et de mélancolie sur le dernier morceau de l’album (Délivre) sonne un glas bien triste pour -M-.

Heureusement l’histoire ne s’arrête pas là, Les lettres à Tanagra sur le 2ème CD de l’album renoue avec un style plus décalé que l’on avait apprécié dans les précédents album studio de -M-. Un peu d’expérimental (crise) comme sur le Labo de -M-, un je ne sais quoi de délirant comme Un Etrange Noël de Monsieur Jack (Je Les Adore) et un mélange de ses début sur le Baptême et des mélodies de Qui De Nous Deux (Brigand).

Je ne qualifierai pas cet album « d’album de la maturité », mais il aura fallu 12 ans à Matthieu Chedid pour nous livrer un album au naturel et s’affirmer sans les frasques de son double schyzophrénique. Il aura su faire évoluer sa musique et dompter le fou furieux cornu qui l’habite pour charmer un publique français de plus en plus conquis par le style de cet artiste hors norme et hors paire. Quoi qu’il en soit, ce Mister Mystère me fait attendre avec impatience la prestation live qu’il assurera en décembre à La Cigale et à laquelle je participerais :)

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